Mon chemin
Prends ma main, ne la lâche pas. J'écouterai ce que tu veux me dire. Si tu préfères te taire, j'entendrai ton silence. Si tu ris, je rirai avec toi, mais jamais de toi.
Si tu es triste, j'essaierai de te consoler. Je ferai pour toi des bouquets de soleil. J'allumerai des feux de joie là où chacun ne voyait plus que cendres.
Si je n'ai qu'une rose, je te la donnerai. Si je n'ai qu'un chardon, je le garderai pour moi. Je te donnerai ce qui te plaît, ce qui te rassure le plus, si je le possède, Si je ne le possède pas, j'essaierai de l'acquérir.
Donne-moi la main. Nous irons où tu voudras. Je te ferai entendre la musique que j'aime .
Chacun de nous a laissé sur une berge, des instants de sa vie qui sont devenus souvenirs, racines, source où l'on revient quand resurgit en nous la soif de pureté.
On dit alors "mon fleuve", pour ne pas dire "ma jeunesse", pour ne pas dire "mes amours", pour ne pas dire "autrefois". Si tu le veux, je dirai "il était une fois...".
Je t'apprendrai ce que je sais. C'est peu. Tu m'apprendras ce que tu sais. C'est beaucoup. Ne dis pas que tu ne sais rien. Cela n'existe pas, quelqu'un qui ne sait rien. Ou alors, si cela existe, tant mieux.
C'est comme un jardin sauvage, un jardin vierge, un jardin à naître, où l'on peut rêver de mille jardins.
Prends ma mains. Cinq doigts refermés autour des nôtres. C'est le plus beau cadeau du monde. Cela nous préserve de la peur, de l'abandon, du doute. Une main offerte, c'est un monde nouveau. Deux bras ouverts, c'est le miracle.
Je te prêterai un peu de ma folie. Enseigne-moi un peu de ta sagesse. Un peu, mais pas trop. Quand tu me verras raisonnable, si je le deviens jamais, rends-moi, s'il te plaît, un peu de ma folie.
"Il était une fois" un lieu où j'aimais à chanter, quand j'étais petite, parce qu'un écho chantait avec moi. Nous serons pareils à des échos. Je ne me blesserai pas de tes silences. Tu respecteras les miens. Je ne t'assassinerai pas de "Pourquoi?" tu n'es ni clé ni serrure. Je ne suis ni charade ni question à résoudre.
Tu es toi. Je suis ce que je suis. Je ne troublerai pas ta musique intérieure.
Donne-moi ta main, si tu veux me quitter au coin de la rue, je te quitterai au coin de la rue.
Ce que je t'offre ce soir , c'est quelque chose que ni le temps, ni les rides, ni les infirmités ne pourront abîmer. C'est mon cadeau à moi, le seul que je puisse t'offrir, le seul que tu attendes peut-être, toi qui te crois seul, sans te douter que je suis dans l'ombre, n'osant t'appeler. Mon cadeau serré contre mon coeur, comme un enfant nouveau-né qu'une chute peut blesser à jamais s'il n'est pas de bras pour le recevoir.
C'est la compréhension qui dépasse la tolérance - le perce-neige au coeur du froid - les frères à nouveau réunis - les amis retrouvés - les mains ouvertes. Non pour quémander mais pour accueillir.
Prends ma main. Apprenons de lui en ce soir de réconciliation, le chemin qui mène à la tendresse.
